Planète Eau › La Réunion

Aéroport de La Réunion, vu du parc de stationnement

Pendant qu'en métropole on l'imagine bercée par les vagues de la mer des Caraïbes et peuplée d'hommes et de femmes qui se prélassent au rythme du maloya, La Réunion est en fait une vouve dans l'Océan Indien : la vouve est le mot réunionnais pour désigner la nasse.

Comme le décrit Bienvenue dans l'arène, l'île attire chaque année de nouveaux résidents. Certains ne feront qu'un court passage, le temps de percevoir un salaire indexé, pendant que d'autres viendront grossir les rangs des demandeurs d'emploi. Pour endiguer une démographie fortement croissante, des mécanismes de déplacement de la population sont régulièrement utilisés. Ceux-ci sont dépeints par Joëlle Barret, dans son livre Les maux du déracinement. Les espoirs d'une économie dynamique expatriés vers la Capitale, le Canada, l'Australie ou autres, exposent à la précarité ceux qui sont restés sur place. Les services sociaux prennent alors le relais pour subvenir aux besoins des plus démunis, qui, tout en restant consommateurs, vont enrichir les grandes structures, voire les monopoles, de la distribution, des transports, du BTP, du logement, de la finance et du numérique. L'individu vit alors au rythme des indemnités et des allocations. Certes, cette particularité n'est pas spécifique à La Réunion, mais contrairement à la métropole, l'île regroupe sur une petite surface presque tous les niveaux de la société. De plus, elle se trouve fort éloignée du premier continent et n'offre que deux accès. Facile à observer et facile à isoler, La Réunion semble bien être un candidat idéal pour un laboratoire social.

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vendredi 11 février 2022

L'ego et le miroir

Renault /c Hiundai

Avec l'arrivée de la téléphonie mobile et des réseaux sociaux, nous assistons à un renforcement de l'ego de jour en jour. Installez-vous à la terrasse d'un café et vous assisterez sûrement à la publication d'egoportraits (selfies en anglais) et de natures mortes (repas). Les artistes rivés sur leur écran expriment leur joie ou leur déception en fonction des "likes" obtenus, qui, aujourd'hui, sont des indicateurs d'appréciations. Plus une personne obtient de "likes" et plus elle se sent appréciée. L'ego se gonfle au rythme des clics, et nous invite à jouer sur l'apparence (la prise de vue) pour grandir encore plus. A contrario, si par mégarde une photographie révélant notre côté sombre est diffusée, alors la rage explose. Pour s'en convaincre, il suffit de voir le sort réservé à Julian Assange pour avoir montré des images du comportement des USA en Irak et en Afghanistan. Sans aller jusqu'à cet extrême, ce billet racconte un fait divers qui peut nous arriver à tous et qui illustre l'emprise de l'ego.

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vendredi 2 juillet 2021

Une fée numérique ?

Les réseaux sociaux font désormais partie de notre quotidien. Leur gratuité crée l'illusion d'un service public, alors qu'en fait, ils ne sont que des services proposés par des entreprises lucratives. L'utilisateur, aveuglé par l'expression de son ego, s'y exhibe, expose sa vie privée et dévoile son caractère. Persuadé d'être protégé derrière l'écran de son ordinateur, il oublie que dans le monde numérique, il peut aussi être une proie.

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dimanche 20 juin 2021

Le chefaillon

La loi n° 2014-873 du 4 août 2014, a remplacé la notion de "bon père de famille" des textes législatifs, en respect de "l'égalité réelle entre les femmes et les hommes", par "raisonnable" ou "raisonnablement" : la notion retenue étant alors "la conduite soucieuse des biens et des intérêts confiés". Comme un homme n'est ni un bien, ni un intérêt, le gérant d'une SARL n'est plus soumis à la dimension morale du mot père, à savoir : celui qui s'engage, pour les siens. L'ombre de l'humain disparaissant des statuts au profit du capital (les biens) et de la rentabilité (les intérêts), le chefaillon prend les rênes de l'entreprise.

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jeudi 20 août 2020

Un robot dans une ancienne ferme de dinosaures

L'une des théories de l'extinction des dinosaures serait la chute d'une météorite de plusieurs kilomètres de diamètre, qui aurait frappé le Mexique, il y a soixante-cinq millions d'années. Depuis quelques années, en biologie, le mot "aves", désignant la classe des oiseaux, laisse progressivement la place à la dénomination "dinosaures aviens", rappelant ainsi l'origine de nos chers volatiles. Parmi eux, deux espèces sont imposantes par leur taille : les autruches et les émeus. C'est non loin d'une ancienne ferme d'autruches, qu'a eu lieu ma rencontre avec un drone.

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vendredi 26 juin 2020

Et l'eau coule sous les ponts

Pendant les deux mois du confinement, ils étaient restés bien silencieux, mais, avec l'approche de l'échéance, ils sont ressortis, faisant fuir les animaux qui s'étaient réappropriés la ville. Les oiseaux s'arrêtent de voler, laissant la place aux hommes politiques.

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