Les Cahiers d'études d'Olivier Pons

Ce blog est le récit d'une pérégrination, à la fois intérieure, spatiale et temporelle. Intérieure, car le but recherché est une meilleure reconnaissance de soi, en tant qu'esprit incarné soumis aux lois d'un monde mû, a priori, par la violence. Spatiale, car les révélations surgissent au travers de situations, qui, elles, ont besoin d'un lieu, d'un théâtre, pour s'exprimer. Temporelle, car la finalité n'est pas tant la connaissance de soi, mais plutôt la démarche entreprise, le chemin suivi, l'évolution accomplie, pour l'atteindre.
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Les coulisses d'une guerre

, 13:27 - Lien permanent

En 500 avant Jésus Christ, Sun Tsu a dit : La configuration des lieux peut être un atout majeur dans le combat. C'est pourquoi estimer la situation de l'ennemi et calculer les distances, ainsi que le degré de difficultés du terrain afin de se rendre maître de la victoire, c'est l'art du général éminent. Celui qui se bat en possédant une connaissance parfaite de ces facteurs est sûr de la victoire ; dans le cas contraire, la défaite est assurée. (L'art de la guerre, X, 17). Aujourd'hui, la reconnaissance aérienne et l'informatique se chargent de cette mission.

1993, la guerre en Yougoslavie a commencé depuis trois années déjà. Les forces françaises sont engagées et à 1500 km de la ligne de front, une arme[1] puissante se terre dans les locaux secrets d’un fournisseur militaire.

Sa spécialité est la préparation des missions aériennes. À partir des clichés pris par les satellites, les drones et les avions de reconnaissance, elle identifie et localise les moyens de lutte antiaérienne au fur et à mesure de l’évolution du conflit. De ces informations, elle calcule, pour chaque vol, la trajectoire idéale, afin que l’avion soit le moins possible exposé à l’artillerie ennemie. Sa puissance de traitement est telle, que les pilotes ont une totale confiance en elle.

Mais parfois, elle se trompe. Il lui est arrivée de signaler un lance-missile, là où étaient des canons. L’équipage lança alors ses leurres, mais l’absence d’intelligence dans les obus, les rendait insensibles à ces illusions. Ils maintenèrent leur trajectoire, bien décidés à perforer tout ceux qui s’y trouvaient.

Pour y remédier, l’arme est entretenue par une équipe d’ingénieurs, dont le rôle est de modifier des centaines de milliers de lignes de code, en fonction des erreurs révélées et des exigences des militaires.

Son point faible est sa technologie. Conçue par un seul ingénieur, elle n’est pas documentée. Or celui-ci, en quittant l’équipe, l’a projettée dans un dédal de symboles où la moindre erreur peut causer la mort d'un pilote.

L’un de ces forçats a pris à coeur de pénétrer dans les entrailles de la machine, jusqu’au point de penser comme elle. Il était le seul à avoir atteint ce niveau de connaissance. À la moindre question des généraux, il était capable d’apprécier les modifications sans erreur.

D’une certaine façon, il était devenu l’arme.

Un soir, en rentrat chez lui, il fut percuté par un chauffard. Lui et sa moto furent projetés sur le bas côté, et il y trouva la mort. Le conducteur ne sera jamais retrouvé, et ce, qui ressemble, a priori, à un accident, soulève une interrogation.

En effet, le véhicule, à l'origine du drame, roulait dans le même sens. Il a subit un choc violent avec un objet[2] d'environ 260 kg. Dans une situation similaire, une simple voiture aurait été bonne pour la casse. Lui, il a pu fuir. Il devait sûrement être lourd et massif. Peut-être un camion.

De plus, l'ingénieur conduisait une moto conçue pour le tout terrain, et non pour la vitesse. Il était réputé prudent et allait devenir jeune papa. Sa conduite était saine. Il pratiquait des horaires décalés, afin d'échapper aux embouteillages. La voie était libre et permettait le dépassement.

Enfin, dans ce contexte belliqueux, sa disparition a eu un impact direct sur l'armée française : les avions ont été plus exposés au danger.

D'où la question :

Comment un camion, peut-il percuter accidentellement une moto roulant tranquillement, sur une voie dégagée, alors qu'il a la possibilité de la dépasser ?

Certes, l'énigme ne sera vraisemblablement jamais élucidée, mais sa présence dévoile une réalité.

Les guerres ne se gagnent pas que sur le front. Des actions, volontaires ou involontaires, bien au-delà des frontières, peuvent modifier la tendance.

Notes:

[1]  Larousse : "Tout objet, appareil, engin qui sert à attaquer (arme offensive) ou à se défendre (arme défensive)"

[2] La moto et son pilote.

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