La vie est un océan d'émotions où se succèdent calmes et chaos. Nous y évoluons, à l'instar des bateaux, chacun plus ou moins bien armé pour la grande traversée. Certains, tels de prestigieux paquebots, le regard bien au dessus des flots et loin sur l'horizon, naviguent plein d'assurance. Leurs certitudes insolentes, pareilles à de puissants moteurs gourmands en carburant, les propulsent avec force et vitesse vers l'avenir, au point qu'ils en oublient, parfois, l'existences des revers de fortunes.
Les autres, beaucoup plus modestes, constituent la flotille des petits voiliers. Contrairement aux villes flottantes, elle se contente de légères brises et se faufile parmi les écueils. Elle contourne prudemment les conteneurs à la dérive : ses obstacles tombés des ponts des cargos. Et survole la lame fatidique des montagnes de froids.
Cependant, quelque soit sa taille, tôt ou tard, un bateau affrontera la tempête. Et là, où un paquebot verra les vagues se fracasser sur les hautes murailles que sont les flans de sa coque, un petit voilier sera tout simplement submergé.
Alors, que faire, dans ce cas, pour ne pas sombrer ?
Pour ma part, la règle est simple : fermer les écoutilles, attendre que ça passe sans casser, et s'éloigner du danger.
Cette règle est très bien illustrée par Capucine Trochet, lors de sa traversée des îles Canarie vers celles du Cap-vert. A bord d'un petit voilier de pêche du Bangladesh. Elle vient de quitter la Méditerranée et entâme la traversée de l'Atlantique. Là, une vague particulièrement grande, venant de l'arrière, s'abat sur le pont, lui laissant tout juste le temps, de fermer le hublot menant à la cabine. Puis, elle soulève l'esquif, et le fait chuté, à pic, à la verticale, de la hauteur d'un immeuble de trois étages, l'étrave en premier. Le bateau plonge, et au moment où il refait surface, deux déferlantes le couchent. Une fois l'agression terminée, le bateau se redresse et continue sa route.
Un petit voilier bien conçu est tout d'abord un flotteur. Vous le mettait dans l'eau, tant que la coque et le pont sont étanches, il remontera toujours à la surface. C'est comme ça, c'est sa nature.
Or l'humanité existe sur Terre depuis 350 000 ans. Les seismes, les pandémies, les guerres, les famines, les périodes glacières, et les sécheresses, ont déversé, sur elle, leurs flots d'émotions. Et elle est toujours là, avec un effectif croissant. Dans sa globalité, l'homme refait toujours surface, après un évènement, qui, vraisemblablement, aurait dû l'exterminer.
Aujourd'hui, alors que l'aube se lève sur 2021, la peur déferle sur les nations. Les déplacements sont restreints, les masques couvrent les visages, les individus s'éloignent les uns des autres, et l'économie des pays est en berne. Le chasseur-cueilleur grégaire fondamental est devenu un sédentaire solitaire alimenté par la restauration à emporter. Sa vision du monde se limite à l'hublot de la télévision perméable à la peur. Celle-ci emprunte les voies des :
- actualités, où les cas de malades sont mis à jour en temps réel ;
- spots publicitaires, qui annoncent régulièrement les mesures de protection à respecter ;
- et séries.
Fermer les écoutilles, fermer le hublot, fermer la télé, voilà par où commencer à appliquer la règle. Il y a une trentaine d'années, je signais mon premier pacte de non agression mutuelle unilatérale mais équitable, avec elle. Unilatérale et équitable, car, comme elle, qui ne nous demande pas notre avis pour polluer notre environnement familiale, nous ne lui demandons pas non plus le sien ! Signer, car tout les ans j'indique aux impôts que je n'ai pas de télévision. Cette action économique est un acte de manifestation : chaque année, l'Etat sait que je refuse la télévision.
Certains d'entre vous se demandent peut-être comment je reste informer ou voir un film ? Très simple, pour l'information, je lis les journaux imprimés et numériques, qui, contrairement à la télévision nous permette de choisir les thèmes qui nous intéressent. Pour les films, les cinémas et les DVD s'en chargent.
La discorde actuelle oppose des médecins spécialistes en virologie, comme l'IHU de Marseille, au gouvernement, éclairé par un conseil de scientifiques. Qui a raison et qui a tord ? Je laisse la réponse à cette question au lecteur. Personnellement, je n'ai pas les compétences pour trancher. Je ne peux qu'attendre que de ce débat, la vérité s'impose. Cependant, l'attente sera longue : ça fait déjà plus d'un an que le premier cas atteint du COVID-19 a été enregistré. L'endurance devient plus que nécessaire : elle est vitale. L'endurance se développe par le sport et l'hygiène alimentaire. Elle est aussi boostées par un environnement joyeux. Aussi, tous les moyens pour pratiquer une activité en plein air et voir ses proches (parents et amis) sont mobilisés. Voilà comment j'attends que ça passe sans casser.
Enfin, s'éloigner du danger, c'est d'abord se renseigner sur la situation. Comme la télévision a été supprimée, les sources d'information sont la presse imprimée et numérique, les échanges avec d'autres interlocuteurs, et l'observation des évènements.



